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du papi militaire qui se promenait en uniforme le long
de la rue entre chez nous et Maxima, avec sa belle casquette, sa veste à galons
(ou sa veste en cuir selon le temps), et sa canne qui martelait le sol avec ce
petit bruit métallique
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du mélange de fromage râpé parmesan vendu en
supermarché par la marque Djiugas
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des mamies qui vendaient leurs chaussettes en laine et
leurs fleurs séchées, tenus à bout de bras pendant des heures entières
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du soleil qui éclairait pile ma place de canapé le soir
et contre lequel je bataillais en changeant de place au fil des minutes pour ne
pas avoir le soleil dans les yeux
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des soirées tranquilles entre colocataires à jouer aux
cartes, regarder un film, ou jouer à la console en mangeant un gros saladier de
cookies
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des retours de voyage où l’on se dit « je rentre
chez moi » en parlant de l’appartement de Vilnius
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des retours de voyage où l’on voudrait reprendre
l’avion pour vraiment rentrer « chez soi »
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de l’odeur des vestiaires de la piscine et de la
piscine elle-même, mélange de produits nettoyants et d’odeurs de cafétéria
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des ballades du dimanche qui finissait une fois sur
deux à New Yorker
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de toutes les fois où je me suis dit « est-ce que
je peux acheter ça sans avoir à manger des pâtes au beurre tout le reste du
mois ? »
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de la sensation douloureuse quand on marchait plus de
10 minutes dehors en hiver, cette impression d’avoir des milliers d’aiguilles
qui nous transpercerait les cuisses et le visage
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des 10 couches de vêtements qu’il fallait enfiler pour
éviter d’avoir à ressentir ce froid-là
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du vent, encore du vent, toujours du vent !
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de l’impression qu’il faisait 35°C quand il en faisait tout
juste 20
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de l’excitation qui m’avait envahie et me faisait
battre le cœur à toute vitesse quand j’attendais les parents à l’aéroport
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de la tristesse lorsqu’ils sont partis
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de la décoration improbable de l’appartement
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des journées devant l’ordinateur
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du martèlement de la machine à laver qui tambourinait
contre le mur
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des petits insectes étranges qui se baladaient parfois
dans la salle de bains (on ne sait toujours pas ce que c’était ces petites
choses blanches…)
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des siestes au soleil dans le gros fauteuil devant la
fenêtre
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des magasins où l’on pouvait acheter des légumes mais
aussi des cigarettes et des patins à glace
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de la petite joie de découvrir que Rimi vendait des
pains au lait
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des soirées où je n’avais personne à qui parler sur
Skype…
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… et de celles où tout le monde m’appelait le même soir
et où j’en oubliais même de manger !
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des repas carottes-champignons
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des thés à longueur de journée en hiver
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des mugs cookies
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des journées entières passées en jogging
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du retour de Russie où l’on a découvert la ville toute
fleurie
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des moments, dans chaque soirée, où l’on rencontrait
quelqu’un d’un autre pays, d’une autre culture et qu’en quelques secondes nous
parlions comme des amis qui se connaissaient depuis toujours
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des petites caravanes qui vendaient tout et n’importe
quoi, sortes de marchés ambulants aux bords des routes
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de la faculté de Sauletekis entourée d’arbres de toute
part
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de l’accent absolument affreux du professeur
d’Information Wars
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et de celui légèrement allemand d’International
Economics
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des virées shopping qui se finissaient à Tiger où nous
avions envie de tout acheter
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du petit salon de thé qui faisait des pâtisseries
délicieuses sur Vilnius Gatve
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des horaires des magasins donnés par de petits dessins
ou des nombres, pour remplacer le nom des jours
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de la propriétaire qui affichait toujours un grand
sourire mais ne parlait pas un mot d’anglais… mis à part « Money
money ! »
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de l’impolitesse des lituaniens lorsqu’ils nous
fonçaient dessus dans la rue sans demander pardon ou passaient devant nous sans
jamais nous tenir la porte
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mais aussi de leur gentillesse quand on prenait le
temps de parler avec eux
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du fait que TOUS les lituaniens étaient capables de
reconnaître quand on parlait français et que chacun était capable de nous dire
« Bonjour », « merci beaucoup » ou encore « au
revoir »
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des trottoirs tout défoncés (particulièrement de celui
de la petite rue pour monter chez nous)
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du parquet qui craque à l’université du centre
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du brocanteur de Pilies
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de cette belle ville ancienne qu’est Vilnius
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de la magnifique vue qu’on en a du Radisson
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de ma dernière soirée
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et, je l’espère, de bien d’autres choses encore…





