Quel week-end chargé !
Un long week-end qui a commencé pour ma part Vendredi soir quand, au moment où je commençais doucement à m'endormir, une alarme de voiture s'est mise à hurler pile sous mes fenêtres...
Une demi-heure plus tard, excédée, me voilà partie sur le canapé avec coussin et couette (et j'ai bien fait, je me suis levée plus tard dans la nuit et l'alarme sonnait encore...) !
Malgré ça, réveil à 5h20 pour partir tous les trois en week-end au bord de la mer !
Le réveil est un peu dur, la Lituanie nous a vraiment fait perdre l'habitude de se lever le matin... Mais nous voilà tous à attendre sagement à 7h devant la gare routière, sacs à la main.
Départ en bus avec quelques dizaine de minutes de retard, direction la mer Baltique.
Premier arrêt après environ 2h de bus : Siaulai (à prononcer "Chiolet") ! Non pas pour visiter la ville (où il n'y a pas grand chose à voir à ce qu'il paraît), mais pour visiter la fameuse Colline aux Croix !
A nuancer cependant ; nous qui nous attendions à une colline (même une petite hein!), nous arrivons en fait en face d'une petite bosse perdue dans un champ.
Petite bosse certes, mais entièrement recouverte de croix ! Plus de 150 000 croix y sont érigées, sachant que cet endroit avait été entièrement rasé par les russes, et donc reconstruit à la suite de l'indépendance. Des croix, des croix, et encore des croix !
De toutes formes, de toutes les matières possibles, et parfois mêmes de différentes couleurs. Des croix en surmontent d'autres, des chapelets viennent s’amonceler sur des croix, et les nouvelles croix sont érigées, à certains endroits, sur des amas d'anciennes qui donnent ainsi un peu plus de hauteur à la colline...
Un endroit très étrange, qui donne parfois l'impression de marcher dans un temple. Un chemin construit en lattes de bois traverse la colline, mais de petits chemins en terre sont encore présents de part et d'autres. Il est possible d'y aller pour se perdre un peu dans toutes ces croix, mais très vite on se retrouve dans un cul de sac, bloqué par des tas de croix ou par la végétation qui reprend doucement ses droits.
Une petite impression tout de même de marcher comme dans un cimetière et de marcher sur des tombes lorsque l'on se fraye un chemin parmi les croix... L'impression d'être dans le sanctuaire de milliers de personnes, venues là déposer une prière, un espoir ou un souvenir.
Nous repartons doucement trois quart d'heure plus tard, en plein débat sur les croyances et les religions.
Le débat continue dans le bus, et sans s'en rendre compte, nous passons de sujets en sujets jusqu'à arriver à notre deuxième arrêt : Palanga.
Le bus s'arrête devant une longue allée, que la mentor nous décrit comme une allée commerçante qui nous mènera jusqu'à la plage. Et effectivement nous trouvons là une grande rue piétonne pavée et, à droite comme à gauche, boutiques de souvenirs, restaurants et baraques à gaufres.
Et pendant que nous marchions tranquillement vers la mer, deux femmes devant nous s'arrêtent, se baissent et ramassent quelque chose à terre. Se relèvent, puis recommencent plus loin.
On se regarde tous, l'air de dire "mais mon Dieu qu'est-ce qu'elles peuvent bien faire ???", mais Magali baisse la tête et là... Oh, de l'ambre !
Oui oui, pleins de tous petits morceaux d'ambre par terre entre les pavés !
Arrivés à la plage, on se rend compte que les gens se balade au bord de la mer et y récupère de l'ambre dans le sable, fraîchement rejeté par la mer ! Nous croisons même un père et son fils, tamis et sacs à la main pour aller pêcher de l'ambre directement dans l'eau !
Et nous partons donc au bord de l'eau, les yeux rivés au sol pour trouver les plus gros morceaux d'ambre possible, ou du moins le plus de morceaux possible quelle que soit la taille. Et bon sang, nous en avons trouvé ! Au bout d'une demi-heure nous finissons par arrêter, le sourire jusqu'aux oreilles de se sentir comme des chercheurs d'or au far west !
Nous arrêtons donc et finissons la ballade sur le ponton. Nous y trouvons des rangées et des rangées de pêcheurs, remontant des poissons toutes les 30 secondes, les seaux pleins à craquer de poissons fraîchement pêchés et se débattant encore pour un peu d'air. Face à ce spectacle, Magali et moi nous contentons de regarder droit devant nous, sans plus regarder les poissons se tortiller à terre...
Nous repartons direction le bus, il est l'heure.
Une trentaine de minutes après, nous voilà à Klaipeda, ou plus exactement sur sa plage, à la découverte de son bunker !
Après avoir marché quelques minutes au milieu de la forêt, les pieds dans le sable (qui aurait cru que les deux étaient possible ?), nous nous retrouvons devant l'entrée du bunker, et face à deux hommes en costume de militaires.
L'un d'eux ordonnent aux garçons de se mettre en ligne, en choisit 16, forme deux équipes de 8 et commence des jeux (tout en donnant des ordres de la manière la plus autoritaire possible, évidemment, mais toujours avec un sourire en coin !). Le premier consiste à se passer une ancienne munition de canon, qui avait l'air de peser une bonne tonne...! Il nous explique qu'à l'époque, des enfants (garçons et filles!) de 12 ans se passaient des munitions de ce poids-là et devait le faire en 6 secondes. Les garçons ont été au plus vite, ils n'ont jamais réussi à le faire en moins de 9 secondes !
Un deuxième petit jeu ensuite, avec plusieurs ficelles reliées à une planche sur laquelle le guide avait posé une munition ; le but était de travailler en équipe, de tendre les ficelles tous en même temps pour pouvoir lever la planche sans faire tomber la munition et se déplacer ainsi jusqu'au point d'arrivée.
Ces jeux mettent une jolie ambiance, et le guide a l'air heureux de s'amuser avec nous ! Ils parlent sévèrement aux garçons, et fait de grands sourires aux filles en leur disant bien qu'il s'agit d'un jeu de rôle, de ne pas s'inquiéter.
Après ça nous partons dans un premier groupe pour aller voir la place, un ancien canon et la partie extérieure du bunker (seulement l'extérieur, nous ne pouvions pas y entrer).
Puis nous revenons et rentrons à l'intérieur du bunker avec le guide, qui nous fait visiter plusieurs petites salles. Arrivés à la dernière, il nous parle d'une sorte de petite bombe cylindrique, nous en montre une ancienne. Il nous demande ensuite de sortir dans une sorte de couloir et d'y marcher les uns à la suite des autres en faisant très attention où l'on met les pieds, au cas où une de ces bombes s'y trouverait....
Deux garçons passe devant moi, et j'essaye de marcher le plus doucement possible, persuadée que quelque chose va nous arriver !
Et ça n'a pas manqué !
Presque arrivés au bout du couloir, le deuxième guide hurle quelque chose en allemand et là... Un énormé BOUM retentit ! Un bruit comme je n'en avais jamais entendu, qui a retentit dans tout mon corps aussi violemment qu'il l'a fait dans nos oreilles ! Suite à ce bruit extraordinaire (dans le mauvais sens du terme !), la lumière s'éteint, on entends le deuxième guide hurler des phrases en allemand tout en courant le long du couloir. Une sorte de lumière s'allume au sol, comme une flamme de bombe qui se serait allumé avant d'être balancée à nos pieds. Deuxième explosion, aussi forte que la première, un bruit incroyablement fort et retentissant.
Finalement la lumière se rallume, le premier guide nous regarde avec des grands sourires, et demande à toutes les filles si tout va bien, si elles n'ont pas eu trop peur. Un syrien nous regarde "Boh. Moi ça ne m'a pas fait peur le boum boum...".
Le guide nous explique que ce bruit était en fait bien moins fort que le réel ; il aurait dû normalement être 100 fois plus fort !
On a du mal à imaginer que tous les soldats n'aient pas fini sourds...
Nous ressortons de là, Valentin en râlant que son oreille en siffle encore !
Nous repartons à nouveau dans le bus et visitons brièvement la ville de Klaipeda. De retour dans le bus ensuite, direction Nida, une toute petite ville sur une presqu'île en face de la côte de Klaipeda. Après une heure d'attente pour le ferry, 5 minutes de traversée, nous avons encore 1h de bus.
Arrivés enfin à Nida, on apprend que les guides s'étaient trompées dans les réservations... Elles ont donc du appeler en catastrophe (dans l'après-midi) des hôtels pour nous accueillir en dernière minute. Un premier groupe va donc dans un premier hôtel (ou "guest house" plutôt), et nous allons dans le second.
Comme ils avaient été prévenus au dernier moment, ils n'avaient pas bien eu le temps de tout préparer pour nous. Pas de chauffage, pas de possibilité de prendre une douche, mais par contre une gentillesse et un sourire à tout épreuve de la propriétaire qui a pris soin de nous laisser un tas de couvertures supplémentaires (en plus de celles que nous avions dans les chambres).
Je grelotte de fatigue et de froid, me change en deux secondes et m'enterre sous les couvertures, en pull et chaussettes.
Le plaid est l'un de ces anciennes couvertures qui gratte si on ne mets pas de draps dessous, l'ancêtre des plaids en polaire que nous utilisions à Aiguebelette ou même à Megève. D'ailleurs les murs recouverts de lattes me rappellent Megève, les couvertures quant à elle me ramène à Aiguebelette avec leurs odeurs de grenier et de placards oubliés.
Il est déjà minuit passé, la journée a été longue et nous devons nous lever le lendemain. Je ne tarde donc pas à sombrer dans un profond sommeil...
Lendemain matin, réveil à 8h...
Départ à 9h pour aller se balader à Nida. La ville est en fait réputée pour sa nature mais aussi et surtout pour ses quelques grandes dunes de sable fin, coincées entre la forêt et la mer.
Si nous avions eu beaucoup de chance la veille avec le temps, aujourd'hui nous n'y coupons pas : il pleut !
Nous décidons d'aller quand même faire la ballade, en nous persuadant qu'il ne pleut pas beaucoup et que, après tout, nous avons tous des parapluies pour nous garder au sec. Je décide même de prendre mon sac avec l'appareil photo, convaincue que je pourrai faire une photo ou deux pendant que Magali me tiendra mon parapluie.
Nous commençons à marcher tranquillement et là, au moment où nous arrivons au bord de la mer...
Des rafales de vent à n'en plus finir, et d'une force incroyable ! Nous nous servons de nos parapluies comme boucliers, obligés de les tenir au bout pour ne pas qu'ils se referment sur nous !
Les parapluies plaqués par le vent contre nous, nous continuons à marcher pendant que nos jeans s'imbibent doucement de toute cette pluie... Arrivés en haut de la dune, le vent arrivait justement en face. Résultat, nous étions obligés de mettre les parapluies droit devant nous, n'ayant ainsi pour vue que l'intérieur de nos parapluies et nos pieds...
De temps en temps nous risquions un coup d'oeil en dehors, quitte à se prendre alors des trombes d'eau en plein visage !
Même si nous en avons énormément ri au début, nous étions plus que ravis de découvrir que nous n'aurions pas à rentrer à pied mais que le bus était venu nous chercher en bas de la dune pour nous ramener à l'hôtel !
On nous y dépose donc, trempés jusqu'aux os et complètement gelés. Après une heure d'attente dans un hôtel non chauffé, encore trempés de notre excursion, nous repartons tous en bus pour rentrer.
Sur le chemin nous devions visiter "The Hill of Witches", parc en extérieur où sont disséminées des statues en bois. Nous nous mettons tous d'accord : les ballades sous la pluie, ça suffira bien pour aujourd'hui !
Deuxième visite de prévue, le delphinarium !
Première impression : les dauphins sont des créatures superbes, et je meurs d'envie de faire un jour une plongée en plein océan avec des dauphins !
Mais il reste comme un goût amer... Le spectacle est agréable, les tours sont impressionnants, les dauphins nous épatent ! Mais nous réalisons tout de même que ces pauvres créatures sont bien conscientes de vivre enfermées et ne font que tourner en rond dans une piscine aussi grande qu'un bocal pour un poisson rouge... Sauf que lui, il a au moins la chance de tout oublier après un tour de bocal...
Et évidemment, j'avais eu la "chance" de tomber sur un article parlant des delphinarium quelques jours auparavant. A lire d'ailleurs, je mettrai le lien ici quand je l'aurai retrouvé.
Nous repartons donc contents du spectacle mais tout de même bien tristes pour ces dauphins.
Et retour à la maison, avec un bref arrêt à Akropolis (celui de Klaipeda bien sûr !).
10h30 nous voilà rentrés. Sur le palier nous croisons nos voisins d'en face, dont un lituanien que Valentin invite chez nous pour discuter autour d'une bière. Le voilà donc qui débarque chez nous avec un sachet à la main.
"Je ne voulais pas venir les mains vides, du coup je vous ai amené ça". Il nous explique qu'il s'agit de pâtisserie locale, peut-être un peu étrange pour des étrangers, faites maison par sa mère. Nous regardons dans le sac, intrigués, pour y découvrir... des bugnes !
Au final le voisin est resté parler et débattre avec nous jusqu'à minuit, heure à laquelle Robin et moi avons gentiment demander à aller nous coucher...!
Voilà donc pour ce long, très long week-end, très chargé. J'ai l'impression d'avoir fait 4 jours en 2, et à la fois l'impression de n'être jamais partie tellement c'était court.
Je mettrai toutes les photos demain, plus quelques images Google de Nida pour remplacer celles que je n'ai pas pu prendre !
En attendant, je vous souhaite à tous une très bonne nuit, en espérant que je n'ai pas fait trop de fautes ou d'erreurs de langage ci-dessus (il est tard et j'ai vraiment la flemme de me relire, pardon !).
Je vous embrasse tous, faites de beaux rêves !
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